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Sauriez-vous faire atterrir un avion de ligne en cas d'urgence ? Près d'un homme sur deux pense que oui, contre une femme sur cinq, selon un sondage américain(*). Aucun des deux groupes ne sait piloter, bien entendu. Seule la perception diffère.
L'entrepreneuriat connaît en partie le même mécanisme. Au Luxembourg, 6,4 % des femmes étaient engagées dans une activité entrepreneuriale en 2024, contre 13,3 % des hommes(*). Cet écart reflète avant tout des dynamiques historiques, culturelles et de représentation.
Cet article propose de mieux comprendre ces mécanismes et de mettre en lumière les qualités concrètes qui contribuent à construire un projet entrepreneurial, ainsi que les leviers pour progresser dans cette démarche.
 

Des repères historiques qui éclairent certains comportements

En entrepreneuriat, les exigences sont les mêmes pour tous : un projet structuré, un modèle économique viable et un cadre légal défini.

Pourtant les femmes entrepreneures s’interrogent souvent sur d’autres aspects : se sentir légitime, fixer un prix juste, oser solliciter un financement ou encore gagner en visibilité.

Certaines hésitations s’expliquent en partie par une histoire relativement récente. Au Luxembourg, par exemple, il a fallu attendre les années 1970 pour que l’émancipation juridique et l’égalité de la femme au sein du couple soit reconnue par la loi, et 2006 pour son inscription dans la Constitution.

Moins de deux générations nous séparent donc d'une époque où les femmes mariées ne pouvaient pas gérer librement leurs affaires. Si l’égalité juridique est aujourd’hui acquise, les mentalités évoluent plus lentement.

Cette réalité encore imprégnée d’un héritage culturel se traduit notamment par une plus grande prudence face au risque. Ainsi, 50 % des femmes déclarent qu'elles ne lanceraient pas d'entreprise par peur de l'échec, contre 35 % des hommes. Et seules 41 % des femmes estiment posséder les connaissances et l'expérience nécessaires pour créer une entreprise, contre 56 % des hommes(*).

Fort heureusement aujourd’hui les femmes sont de plus en plus nombreuses à entreprendre. En quête de sens, d’autonomie et d’épanouissement, elles osent davantage concrétiser leurs projets et gagnent en confiance.

Elles entreprennent avec les mêmes compétences et le même potentiel de réussite que les hommes. Elles apportent des qualités particulièrement précieuses dans le monde entrepreneurial.

 

Quelles qualités concrètes pour entreprendre ?
 

De nombreux projets portés des femmes reposent sur une préparation solide, une vision claire et une capacité à s’adapter aux réalités du marché.

Parmi les qualités les plus observées chez les femmes entrepreneuses :

Capacité à donner du sens à un projet

 

De nombreux parcours entrepreneuriaux naissent d’une envie de créer un projet porteur de sens : répondre à un besoin identifié, défendre une conviction, exercer une passion ou contribuer à un environnement économique ou social. Cette dimension donne de la cohérence au projet et soutient l’engagement dans la durée.

Savoir combiner analyse et intuition


La prise de décision s’appuie à la fois sur des éléments rationnels (données, marché, stratégie) et sur une capacité à percevoir des opportunités. Cette combinaison permet d’agir avec cohérence tout en restant adaptable.
 

Evaluer les risques avec discernement

 

Entreprendre, ce n’est pas éviter les risques, mais savoir les évaluer et les maîtriser. Une entrepreneure inspire confiance lorsqu’elle prend des décisions réfléchies, anticipe les obstacles et construit son projet sur des bases solides. Cette capacité à concilier ambition et prudence est un véritable atout aux yeux des banques et des investisseurs.
 

Faire preuve de polyvalence


Un entrepreneur doit souvent gérer plusieurs tâches à la fois : diriger une équipe, développer son activité ou encore entretenir des relations avec ses clients. Savoir s’adapter à ces différents rôles rend une entreprise plus solide et augmente ses chances de réussir, surtout quand l’économie change vite. Être polyvalent, c’est aussi être réactif et avoir une vision claire de son projet – deux qualités importantes pour bien gérer une entreprise.
 

S’adapter et évoluer rapidement

 

L’environnement entrepreneurial évolue en permanence. La capacité à ajuster une offre, à tester de nouvelles approches et à tirer des enseignements de l’expérience constitue un levier clé de progression.
 

Construire une relation client de qualité
 

L’écoute, l’intelligence relationnelle et l’empathie, ainsi que l’attention portée aux besoins de ses clients et la capacité à ajuster son offre contribuent directement à la pérennité de l’activité.

Ces qualités ne relèvent pas d’un profil type : elles se développent progressivement, en lien avec le parcours et les expériences de chacune.
 

 

Quand on dispose déjà de ces bases, comment renforcer son projet ?
 

Contrairement à certaines idées reçues, créer une entreprise ne repose pas uniquement sur des qualités innées. Les compétences se construisent progressivement à travers l’expérience, les échanges et la formation. La confiance et le sentiment de légitimité ne sont pas des prérequis : ils se développent avec la pratique.

Trois leviers permettent d’accélérer le développement de ces compétences et de gagner en assurance :
 

Se former pour développer ses compétences

 

Créer une activité suppose de mobiliser plusieurs compétences variées. Même avec une formation initiale déjà solide les études préparent rarement à devenir indépendante ou à piloter une entreprise. Il est donc souvent nécessaire de compléter ses connaissances dans des domaines tels que la gestion, le marketing, la finance ou le développement commercial. 
L’objectif n’est pas de tout maîtriser immédiatement, mais d’acquérir les compétences indispensables pour créer, gérer et faire évoluer son projet entrepreneurial.
Au Luxembourg, des structures comme la House of Training proposent des formations adaptées aux créateurs d’entreprise.
Déléguer certaines missions (comptabilité, communication, etc.) fait également partie des leviers pour structurer efficacement son activité.
 

S’entourer pour avancer avec plus de visibilité

 

Créer une entreprise s’inscrit dans un écosystème. Échanger avec d’autres entrepreneurs, bénéficier de retours d’expérience et confronter ses idées permet de progresser plus rapidement.
Des structures comme la House of Entrepreneurship ou la FFCEL offrent un accompagnement concret et facilitent les mises en relation.

Au-delà des conseils pratiques, ces échanges permettent également de se projeter plus facilement dans son rôle d’entrepreneur.
 

Tester pour progresser concrètement

 

Certaines compétences se développent au contact du terrain : définir ses prix, structurer une offre ou gérer la relation client.
L’expérimentation permet d’ajuster progressivement ses pratiques.

Un premier projet, une première mission ou une première offre constituent des étapes concrètes pour affiner son positionnement.

Chaque expérience apporte des repères utiles et contribue à renforcer la confiance dans la conduite du projet.
 

Un projet se construit un pas après l'autre

Se lancer dans l’entrepreneuriat repose donc sur une progression structurée :

  • définir son positionnement et affirmer son projet ;
  • transformer une idée en offre concrète ;
  • s’entourer des bons interlocuteurs ;
  • développer ses compétences clés ;
  • structurer les aspects financiers ;
  • tester, ajuster et faire évoluer son activité.

La capacité à avancer étape par étape constitue un véritable levier de développement.

La question n’est pas de savoir si l’on possède, dès le départ, toutes les qualités nécessaires pour entreprendre.
L’essentiel est d’identifier ses points forts, de développer les compétences qui le nécessitent et de progresser grâce à l’expérience.
Au Luxembourg, l’écosystème entrepreneurial offre un cadre structuré pour accompagner cette évolution.

Pour démarrer sur des bases solides, il est utile de structurer rapidement les aspects financiers de son activité. L'ouverture d'un compte bancaire professionnel permet de séparer les dépenses personnelles et professionnelles, tandis qu'un crédit d'investissement peut accompagner les besoins de financement liés au lancement ou au développement de l'entreprise.

Pour faire le point sur le volet financier de votre projet, votre conseiller BGL BNP Paribas est à votre disposition.
 

Vos questions fréquentes 

  • icone faq question
    Faut-il savoir tout faire soi-même avant de se lancer ?

    Non. Une entrepreneure efficace sait aussi identifier les tâches qu’elle peut déléguer afin de se concentrer sur cœur de métier.
     

  • icone faq question
    Exites-t-il des accompagnements pour les femmes entrepreneures au Luxembourg ?

    Oui. Plusieurs organismes proposent des formations, du mentorat, des conseils et des solutions pour étendre son réseau et gagner en visibilité.

    Retrouvez quelques acteurs :

  • icone faq question
    L’entrepreneuriat est-il compatible avec une vie de famille ?

    Oui, à condition d’organiser son activité, de définir des priorités et s’entourer lorsque cela est nécessaire.

  • icone faq question
    Comment savoir si je suis prête à entreprendre ?

    Il n’existe pas de moment parfait. Être prête signifie surtout avoir une vision claire de son projet, l’envie d’entreprendre et la volonté de se donner les moyens en compétences, en temps et énergie de relever ce nouveau défi.

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(*) Sources principales :
Sondage américain
Global Entrepreneurship Monitor Luxembourg 2024/2025 - Statistiques - Luxembourg

Les chroniqueurs BGL BNP Paribas 11/09/2026