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Tous les regards tournés vers la Fed dotted

Le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed) se réunira ce mardi et mercredi. C'est le rendez-vous clé de la rentrée pour les acteurs des marchés financiers à travers le monde. Pourquoi les décisions de la Fed sont-elles particulièrement importantes pour l'économie mondiale dans le contexte actuel ? Les économies de la zone euro et du Japon connaissant une croissance plus fragile que celle des États-Unis, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon (qui se réunit également les 20 et 21 septembre) vont vraisemblablement garder leurs taux directeurs à des niveaux bas pendant un moment. Ainsi, la différence entre les taux d'intérêt américains et ceux des principales autres économies mondiales va dépendre en premier lieu des décisions de la Fed. Or, cette différence entre les taux d'intérêt est l'un des facteurs principaux qui détermine les taux de change, en particulier celui de l'euro contre le dollar américain.

 

A quoi peut-on s'attendre ? L'évolution du marché de l'emploi est le facteur clé et les chiffres mensuels de l'emploi (« nonfarm payrolls ») sont particulièrement suivis par les acteurs de marché. Nonobstant un léger recul au mois d'août, ces chiffres ont connu une évolution favorable récemment : la moyenne sur trois mois des créations nettes d'emploi est de 232.000, ce qui est élevé en comparaison historique. Le taux de chômage a atteint un niveau de 4,9%. Il est vrai qu'une partie de la baisse du chômage depuis la crise s'explique par une baisse du taux de participation, c'est-à-dire de la partie de la population qui est employée ou à la recherche d'un emploi. Ceci dit, plus récemment le taux de participation est reparti à la hausse sans entraîner pour autant une hausse du taux de chômage, ce qui constitue un signe encourageant. L'inflation salariale s'établit, quant à elle, à un rythme annuel de l'ordre de 2,5%. En tout état de cause, l'économie américaine est aujourd'hui proche d'une situation que les économistes qualifient de plein emploi.

 

En soi, ceci indiquerait un cycle haussier de taux. Néanmoins, la situation actuelle est particulièrement délicate pour la Fed. D'abord, la reprise domestique est moins vigoureuse que dans un cycle habituel et la Fed court le risque d'étouffer une croissance qui reste fragile en relevant les taux trop rapidement. Ensuite, elle doit considérer l'impact de ses décisions sur le reste du monde, notamment sur un certain nombre de pays émergents où de nombreuses entreprises sont fortement endettées en dollars. Un ralentissement de l'économie mondiale pèserait sur les États-Unis via une diminution de la demande extérieure. D'un autre côté, la Fed doit se préparer à affronter un prochain choc négatif. En haussant les taux dès maintenant, elle se donnerait ainsi un coussin de sécurité.

 

Les derniers commentaires de plusieurs gouverneurs avant le début de la « quiet period » le 13 septembre avaient entraîné une forte volatilité sur les marchés. La probabilité qu'accorde le marché à une hausse de taux en septembre reste relativement faible. Le marché fait-il preuve de complaisance ? Rendez-vous mercredi pour la conférence de presse de Madame Yellen.

 

Yves Nosbusch

Chief Economist

BGL BNP Paribas

Publié dans le Lëtzebuerger Journal le 19 septembre 2016