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Perspectives économiques : tous les regards tournés vers les États-Unis dotted

Que peut-on retenir à ce stade du programme économique du nouveau président américain ? Tout d'abord, il faut dire qu'il reste beaucoup d'incertitude sur les détails du programme. Le marché s'est rapidement focalisé sur l'aspect budgétaire où les intentions semblent assez claires. Plus spécifiquement, le marché s'attend à une relance budgétaire d'envergure avec des réductions d'impôts aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers. Par ailleurs, il souhaite mettre en œuvre un plan d'investissement important dans les infrastructures.

 

Une telle relance budgétaire devrait doper quelque peu la croissance à court et moyen terme. Néanmoins, les effets seraient limités par le fait que l'économie américaine est déjà proche du plein emploi (voir graphique). On s'attend donc à une accélération des salaires et de l'inflation de façon plus générale.

 

États-Unis : proche du plein emploi

Taux de chômage 
Sources : Macrobond, BGL BNP Paribas

 

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que l'inflation allait de toute façon augmenter en raison des hausses récentes du prix du pétrole. Ces différents facteurs devraient avoir pour effet de rapprocher l'inflation aux États-Unis d'un taux de l'ordre de 2,5 % dès cette année.

 

Comme l'inflation devrait remonter plus rapidement que ce qui était prévu avant les élections, on peut s'attendre à une accélération du rythme des hausses de taux de la part de la Réserve fédérale. Après une hausse de taux en décembre 2015 et une autre en décembre 2016, cette année et l'année prochaine plusieurs hausses semblent probables. C'est d'ailleurs l'attente de ces hausses de taux qui explique en partie la remontée importante des taux longs américains depuis l'élection de Monsieur Trump.

 

Le deuxième volet clé du programme économique du nouveau président américain concerne le commerce international et des mesures protectionnistes en particulier. Sur ce point l'ampleur des actions à venir reste moins claire. C'est en effet le grand point d'interrogation et les prévisions devront être adaptées en fonction des clarifications qui seront apportées au cours des mois à venir. On peut toutefois dire que des mesures protectionnistes importantes auraient sans doute pour effet d'augmenter les prix à l'importation, et ce serait un élément additionnel qui ferait repartir l'inflation à la hausse.

 

En Europe également, l'inflation va accélérer suite à la hausse des prix du pétrole néanmoins, l'inflation sous-jacente - donc celle qui exclut les prix de l'énergie et de l'alimentaire - devrait, elle, rester faible encore un certain temps. Lors de sa réunion de décembre, la Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs annoncé qu'elle allait prolonger son programme d'achats d'actifs jusqu'à la fin de cette année et qu'elle pourrait repousser cette échéance en cas de besoin. Même si elle réduit le montant des achats mensuels de 80 à 60 milliards à partir du mois d'avril, elle a indiqué qu'elle resterait présente sur le marché obligataire pendant un bon moment encore. À ce stade, nous n'anticipons pas de changements majeurs de la part de la BCE en 2017.

 

Yves Nosbusch

Chief Economist

BGL BNP Paribas

Publié sur paperjam.lu le 30 janvier 2017