Yves Nosbusch

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Perspectives deuxième trimestre 2014

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Un premier trimestre marqué par le retour de la volatilité
Les pays émergents ont connu un début d'année difficile avec des tensions économiques importantes dans plusieurs pays (notamment en Argentine) et, plus récemment, l'apparition de nouveaux risques géopolitiques liés aux développements en Ukraine. Cette reprise de l'incertitude a affecté les marchés d'actions qui ont connu un premier trimestre volatil. Les investisseurs se sont tournés vers des valeurs refuges ce qui explique la bonne performance des obligations d'État américaines et allemandes, et surtout la très bonne performance de l'or en ce début d'année.

 

Zone euro : Quantitative Easing ?
En zone euro, la reprise semble se confirmer avec une croissance pour le dernier trimestre 2013 qui s'est établie à 0,3% par rapport au trimestre précédent. Nous avons revu nos prévisions de croissance pour 2014 à la hausse (1,4%). Par contre l'inflation a sensiblement ralenti pour atteindre un point bas de 0,7% en octobre 2013. Elle a légèrement rebondi par la suite avant de retomber (aux dernières estimations) à 0,7% en février 2014. Nous prévoyons une inflation de 0,7% pour l'ensemble de l'année 2014, en-dessous des prévisions de la BCE (1%).

 

Cette évolution peut paraître étonnante. Si la croissance s'accélère, pourquoi l'inflation ralentit-elle ? Une première raison se trouve dans les excès de capacité accumulés qui font que l'output gap reste très important en zone euro. Il faudra donc que l'activité réelle s'accélère plus rapidement pour commencer à exercer des pressions inflationnistes. D'un autre côté, une grande partie du ralentissement de l'inflation depuis 2012 s'explique de façon plus mécanique par la baisse des prix pétroliers et l'appréciation de l'euro qui a diminué le prix des importations.

 

Si l'inflation mesurée ou anticipée continue à s'établir en-dessous des prévisions au cours des prochains mois – hypothèse dont nous partons - la BCE pourrait lancer des mesures novatrices. Parmi les options disponibles, un programme d'achats obligataires à grande échelle (Quantitative Easing) serait probablement le moyen le plus direct pour s'attaquer à ce ralentissement de l'inflation.

 

États-Unis : effet météo
Les États-Unis ont connu un ralentissement relatif au premier trimestre, sans doute dû en grande partie aux conditions météorologiques exceptionnellement difficiles même s'il reste difficile à ce stade d'en quantifier précisément l'impact. Nous prévoyons cependant toujours une accélération de la croissance à moyen terme.
Sous la présidence de Janet Yellen, le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale a décidé lors de sa réunion du mois de mars de continuer avec le tapering, c'est-à-dire la réduction progressive de son programme d'achats obligataires (QE3). Sauf imprévu, ce programme devrait s'achever d'ici la fin de l'année. Suite à un commentaire de Madame Yellen lors de la conférence de presse du 19 mars, les marchés anticipent maintenant que la Réserve fédérale pourrait commencer à relever son taux directeur dès le premier semestre 2015, plus tôt que prévu auparavant.

 

Abenomics en perte de vitesse ?
Au Japon, la reprise de la croissance risque de s'essouffler avec la hausse de la TVA prévue début avril. L'anticipation de cette hausse a incité les consommateurs à avancer leurs achats, conduisant à une hausse temporaire de la consommation qui devrait s'inverser en partie une fois que le taux plus élevé va entrer en vigueur. Il est donc plus que jamais important de progresser rapidement sur les réformes structurelles.

 

 

 

Article achevé de rédiger le 20 mars 2014 par Yves Nosbusch, Chief Economist de la banque 

 

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